朝廷も将軍も食べていた十六島のり採りに挑戦

十六島のり

Uppurui Nori

LES NORI UPPURUI

Journal d’expédition des charmes de San'in

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LES NORI UPPURUI

Initiation à la récolte des algues nori Uppurui
appréciées par la cour impériale et les shoguns

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Avec un imperméable doublé, de bottes à crampons et un gilet de sauvetage, nous voilà prêts à partir pour les champs de nori Uppurui !

« Il y deux choses importantes à respecter : Ne pas tomber et vous blesser et ne jamais pénétrer sur un autre terrain ». C’est par ces mots que Koji Watanabe, président de Watae, nous a accueillis lors de cette initiation à la cueillette à la main des nori Uppurui. En effet, le champ de nori Uppurui formant le terrain de chaque producteur est clairement délimité et sert de base à la taxe foncière que chacun d’entre eux doit verser.

Pour ne pas craindre d’être mouillé par les vagues, on porte un imperméable. Comme le terrain est très accidenté il faut aussi se munir de bottes à crampons pour ne pas glisser sans oublier un gilet de sauvetage au cas où on tomberait malencontreusement à la mer.

Puisque nous sommes fin prêts, l’heure du départ a sonné ! Après avoir monté et descendu un chemin escarpé qui ressemble à un sentier pour quelque animal sauvage, la vue s’est progressivement dégagée et nous nous sommes retrouvés face à la mer du Japon. Les nori Uppurui poussent serrées les unes contre les autres, recouvrant de leur corps noir la roche battue par la mer agitée.

L’épouse du président Watanabe, Kimie, descend vers les rochers escarpés, et ramasse les algues avec aisance. « Puisque vous avez fait tout ce chemin jusqu’ici, venez donc vous essayer à la cueillette » lance-t-elle au capitaine. Il se lance et ne se débrouille pas si mal.

« Que deviendraient ces algues si on ne les cueillait pas ? » demande avec curiosité le Capitaine.« Les vagues emporteraient tout. Si on ne s’en occupe pas, leurs racines s’affaiblissent » lui répond le pêcheur Kazuhiro Yamane.

Chaque année, la saison des nori Uppurui dure environ 3 mois entre décembre et février. Il faut parfois passer 6 heures par jour parmi les rochers. Comme c’est un travail qui repose entièrement sur la nature sauvage, là aussi, la difficulté de trouver des successeurs est problématique.

Plus minces qu’un fil, d’un noir de jais aux reflets violacés, d’une texture croustillante et dégageant un riche parfum de mer, les algues nori Uppurui ont été appréciées par la cour impériale et les shoguns.

Lorsque nous sommes revenus de la mer jusqu’au site de fabrication, un plat régional bien chaud nous attendait. Il portait le nom inattendu de Norifude qui signifie pinceau de nori. Pinceau semble un mot un peu étrange pour désigner un aliment... S’il a été baptisé ainsi, c’est que lorsque les baguettes saisissent les algues extrêmement fines des nori Uppurui, on dirait tout à fait un pinceau. Il s’agit d’un bouillon garni de nombreux ingrédients comme des nori Uppurui, des patelles, de la grande bardane, des carottes, des taros, du konjac, etc. Malgré la simplicité de l’assaisonnement au saké et à la sauce de soja, la saveur et la texture des feuilles de nori Uppurui dans le bouillon de patelles est très agréable, et rien de tel pour vous réchauffer.

« Vraiment délicieux ! Et quel fumet ! » dit le capitaine qui se régale. Il s’est même resservi trois fois...

Le Norifude est servi lors des grandes occasions comme le Nouvel An ou les mariages, mais aujourd’hui, les occasions de le déguster et les personnes capables de le préparer se font malheureusement de plus en plus rares.

Jadis, comme le mentionne le texte Izumo no kuni fudoki (Rapport sur la province d’Izumo) datant de l’époque de Nara, les nori Uppurui servaient de tribut à la cour impériale. À l’époque d’Edo, ils seraient devenus des cadeaux offerts au shogun, leur réputation gagnant alors l’ensemble du pays.

Mais pourquoi les caractères chinois du nom sont-ils prononcés uppurui ? Une théorie dit qu’à l’époque mythologique, le dieu Sukuna-hikona-no-mikoto aurait ramassé des algues en les secouant vigoureusement, une action désignée par le verbe uchifuru en japonais qui est alors devenu uppurui. Une autre théorie explique que cela viendrait du mot coréen urupiroi qui signifie rocher géant. L’étymologie reste donc obscure et objet de beaucoup de suppositions mais qu’importe l’origine du mot puisque l’important, c’est avant tout de préserver les coutumes et les occasions de continuer à déguster ces nori uppurui plus minces qu’un fil, noirs de jais aux reflets violacés, d’une texture croustillante et dégageant un riche parfum de mer.

{ Accès }

  • ● Watae Ltd. Producteur de produits marins transformés

  • ●1851-28 Uppurui-cho, Izumo-shi, Shimane-ken

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